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Contes botaniques – Vagabondages champêtres

19,00  9,50 

Au fil des promenades, chaque conte s’attarde sur un détail de la nature sublimé par la prose poétique de Didier Skorupa et les aquarelles de Sylvain Leparoux. En flânant, vous rencontrerez l’absinthe ennemie des puces, la chicorée amie des dames ou encore les fleurs d’un hibiscus qui ne s’ouvrent qu’une seule fois, et bien d’autres magnifiques curiosités de la nature.
Préface de François Couplan.

Nous disposons de quelques exemplaires d’occasion mais en très bon état que nous proposons à moitié prix.

34 en stock

UGS : 9791093408125 Catégories : ,

Description

Extrait

Jeux interdits

Enfant, j’étais intrépide. Après la classe ou pendant les vacances scolaires, j’avais coutume de traîner avec une bande de gamins qui, comme moi, n’étaient pas en reste pour l’invention de jeux idiots. Pas une seule journée ne se terminait sans écorchures, accrocs aux vêtements ou couche de saleté sur la peau. Autant ma mère tentait de calmer mon trop-plein d’énergie, autant mon père pensait qu’il était de mon âge de me dépenser, quelle que soit la forme de cette dépense. Nous vivions à la campagne et il ne dédaignait jamais l’occasion de me faire rencontrer la nature. Avec mon père, j’avais découvert le poil à gratter qu’on glisse dans le dos d’un copain, la bardane dont les capitules s’accrochent avec vigueur aux vêtements, le gaillet qui fait cailler le lait, le silène enflé dont le calice particulier devient un pétard lorsqu’on l’écrase vivement, …
C’est ainsi qu’il me dévoila un végétal extraordinaire. La plante est assez grande, foisonnante. Ses feuilles sont ovales et ses fleurs rose pâle offrent délicatement leurs pistils aux insectes attirés, au crépuscule, par un parfum discret et fort apprécié des papillons de nuit. Je l’avais maintes fois croisée le long des talus, sans jamais me douter du secret qu’elle recelait. Mon père m’avait révélé sa principale caractéristique et, après avoir testé la véracité de ses dires, je n’avais pas résisté à échafauder un plan de grande ampleur. J’entraînai dans mon délire mes camarades de jeux. Nous cueillîmes une importante quantité de ces plantes que nous portâmes à ébullition, sur un feu de bois, dans une lessiveuse chapardée dans une grange. Lorsque que nous constatâmes que l’eau était devenue un liquide visqueux, nous en sortîmes les végétaux, vidés de leur substance. Nous basculâmes, sans plus réfléchir, le contenu de la lessiveuse dans le ruisseau proche qui traversait les terres de quelques fermes situées en aval. Le ruisseau devint alors un énorme serpent de mousse. On ne voyait plus que cela dans le trou de verdure où nous nous trouvions. Affolés, nous ne pouvions qu’assister à notre œuvre désastreuse sans pouvoir renverser le cours des événements.
Le monde agricole local s’affola. Les bêtes ne pouvaient plus se désaltérer dans le ru et on cria à la sorcellerie. Mais un paysan, moins superstitieux que les autres, remonta le courant pour y découvrir la source de cette pollution. Après un interrogatoire serré de notre organisation d’innocents malfaiteurs, j’avouai rapidement avoir été l’instigateur d’un plan, qualifié de diabolique, qui avait simplement consisté à utiliser l’effet mousseux de la saponaire pour une expérience grandeur nature.
Je fus ramené manu militari chez mes parents auxquels on réclama une sanction exemplaire. Devant l’amusement tranquille et la béate tolérance de mon père, ma mère me passa un sacré savon.

 

Les auteurs

Didier Skorupa est apiculteur et vit dans les Hautes-Pyrénées. L’approche agro-écologique des abeilles dont il prend soin l’a
conduit à se rapprocher des végétaux – les plantes médicinales en particulier – mais également des autres insectes.
Sa connexion à la nature lui permet, un peu plus chaque jour, d’ouvrir sa conscience et d’instaurer un dialogue. Il est convaincu
que seule une approche respectueuse du vivant permettra de reconduire les hommes et la Terre vers l’équilibre et l’harmonie.
Il s’attache, à chaque fois que l’occasion se présente, à partager ses connaissances par des actions pédagogiques qui participent
au décloisonnement entre l’homme et la nature.

Sylvain Leparoux, illustrateur et artiste naturaliste, se passionne pour la nature sauvage depuis l’âge de 7 ans. Il peint
avec bonheur la nature de sa région comme celle de contrées plus lointaines. Depuis une dizaine d’années, il expose
ses aquarelles et collabore régulièrement avec l’édition et la presse spécialisée. Son site : sylvainleparoux.jimdo.com.

Informations complémentaires

Poids 0.3 kg
Dimensions 1 × 23.7 × 16 cm
Auteur

Didier Skorupa, Sylvain Leparoux

Année d'édition

2015